Il est cruel, le reflet du miroir. N'est-ce pas ? Nous ne le savons tous que trop bien...
Mais qu'advient-il de nous quand on devient le reflet ?
Ces temps-ci, tout va bien pour moi. Si bien que je ne me pose pas de questions, ou si peu. Je me demande si c'est la "sagesse" de l'âge ou juste une période. En fait, je crois que je me pose moins de questions et que je ressens moins le besoin d'écrire quand tout va bien. Je préfère laisser filer les choses. Chacun son truc, moi je sais de plus en plus qui je suis et ce que je veux. Oui, sans doute l'âge.
Enfin toujours est-il que je prend du recul sur les choses. Et je m'aperçois que j'ai longtemps été un "reflet" de ma propre image. Je m'en rend compte en lisant le blog d'une amie. Nous ne nous sommes pas rencontrés souvent, surtout sur internet. Je crois que les fois où nous nous sommes vus, j'ai plus été une "image" de moi que moi. J'ai joué mon propre rôle, en quelque sorte. Mon propre rôle mais mal. A coté de la plaque. Ce que je vois, c'est que j'ai joué le rôle du mec torturé, secret. L'animal blessé qui se méfie de tout et de tout le monde, qui ne peut pas s'ouvrir aux autres. Et à certaines personnes, ça leur va très bien, elles savent bien le jouer. Mais pas moi. Quand je le fais, ça craint. Je suis tellement chiant que je donne pas du tout envie de parler avec moi alors que le but ultime du mec blessé c'est d'être rassuré, si possible par une jolie fille (ou beau mec, chacun ses goûts). Et cette façon d'être, de toute évidence, est un reflet déformé de ce que je suis vraiment. De ce que j'étais vraiment à ce moment là. Et je me dis que c'est dommage parce que j'aurais pu vivre des choses tellement différentes et tellement plus excitantes avec cette personne.
Enfin bon.
Mais je dis pas ça sur le ton de la plainte, rassurez-vous. C'est juste un regret avec lequel je vis de mieux en mieux. C'est peut-être pour ça que c'est plus facile de mettre des mots dessus maintenant. Quand on a le nez dans le guidon, on ne regarde pas autour de soi. C'est toujours comme ça.
Et ça m'invite à regarder mon entourage qui me désole de plus en plus en ce moment. On se vautre dans la bassesse, dans le complot et dans le statu quo. Et ça me va pas du tout. Avant j'aurais regardé sans rien dire mais j'en ai marre de fermer ma gueule. J'ai fermé ma gueule toute ma putain de vie parce que dès que je l'ouvrais, ça ricanait. A force, on se tait. Mais finalement, un électrochoc à un ami lui fait du bien, qu'il s'en rende compte ou non. Alors tant pis si certains m'en voudront mais j'ai décidé de dire les choses telles qu'elles sont et de les dire quand j'en ai envie. C'est tout.
Finalement, je crois que le quart de siècle ne me va pas si mal.
PS : depuis bien des années, le célibat me pèse ;) on s'en fout ? zut alors :)
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Playlist : June Carter - The road to Kaintuck
(Si vous ne connaissez pas June Carter, courez vite acheter l'album Wildwood Flower ! L'âge a aussi un effet sur mes goûts musicaux et je regrette de ne pas avoir découvert Johnny Cash et June Carter plus tôt :p )